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Les profils « prudent » et « équilibre » sont ils vraiment sécurisés en cas de remontée des taux d’intérêt ?

Les profils « prudent » et « équilibre » sont ils vraiment sécurisés en cas de remontée des taux d’intérêt ?

La gestion profilée est à nouveau à la mode sur l’impulsion des fintechs qui remettent d’actualité un concept ancien développé depuis le début des années 80. Pour la révolution financière, il faudra malheureusement attendre, la principale innovation apportée par ces sociétés est plutôt de l’ordre de la communication ou du marketing.

La gestion profilée, c’est donc un mode de gestion très ancien qui consiste à créer des profils type que les épargnants pourront adopter en fonction de leur aversion au risque. On parle alors de Profil « prudent » , « équilibre », « dynamique » ou autre appellation commerciale derrière se cache une même réalité.

La gestion profilée, consiste donc à construire un portefeuille modèle dont le risque sera plus ou moins élevé. Pour ce faire, les sociétés qui construisent ses portefeuilles s’appuient sur des études académiques et notamment sur la notion de frontière efficiente telle que nous vous le présentions dans cet aticle «6% de rendement avec un contrat d’assurance-vie : la méthode du #défi6%». De manière simple, il s’agit de répartir l’épargne entre :

  • Des obligations ; Réputées moins risquées
  • Des actions ; Réputées plus risquées

Ainsi, et de manière caricaturale mais finalement très proche de la réalité :

  • Le profil « prudent » est souvent composé à hauteur de -+ 80% d’actifs obligataires et 20% d’action
  • Le profil « équilibre » est souvent composé à hauteur de -+ 50% d’actifs obligataires et -+ 50% d’action ;
  • Le profil « dynamique » est souvent composé à hauteur de -+ 20% d’actifs obligataires et -+ 80% d’action ;

 

source : CPR AM

 

La corrélation négative historique entre ces deux actifs permet, en théorie, d’obtenir un rendement satisfaisant à moyen / long terme. L’obtention du rendement repose sur l’idée simplifiée à l’extrême que lorsque les actions montent, les obligations baissent et lorsque les obligations baissent, les actions montent.

Bref, en théorie, la diversification du portefeuille entre des actifs décorrélés permet d’obtenir un ratio rendement/risque satisfaisant.

Mais que se passe t’il lorsque tous les actifs sont corrélés ? Que se passe t’il lorsque les actifs réputés les plus « prudents » s’avèrent valorisés à l’extrême ?

Plus l’épargnant recherche la prudence, plus la part d’actif obligataire est élevée.

Dans une période de remontée prochaine des taux d’intérêt et de corrélation forte entre les actifs, n’est-il pas dangereux de lier « prudence » et « sécurité » avec « investissement en obligation ».

En effet, comme nous le présentons dans le graphique ci-avant, la corrélation est forte entre action et obligation. Cela signifie que lorsque les actions montent, les obligations montent et inversement à la baisse.

Dans un moment, ou tous les actifs sont tous considérés comme fortement valorisés au regard des ratios historiques, n’est-il pas étonnant d’aller chercher la « sécurité » en investissant dans un support obligataire dont la valeur est très élevée ? (cf « Faut il remettre en cause la théorie de la diversification du patrimoine pour réduire les risques ? »).

Que va-t-il se passer demain lorsque les taux d’intérêt remonteront ? La réponse est simple : La valeur des actifs obligataires, facteur de « protection » du portefeuille, baisseront.

Dans un contexte de taux proche de zéro, n’est-il pas imprudent de rester investi sur cet actif dont le potentiel de perte est très supérieur au potentiel de gain ?

N’est-il pas contre-intuitif de continuer à croire qu’un « portefeuille prudent » doit être majoritairement investi en obligation ? Ce n’est pas parce que c’est vrai depuis 30 ans … qu’il s’agit d’une vérité intangible.

N’est-il pas plus prudent de considérer que la liquidité, le cash est la seule véritable sécurité (et encore) ?